La pandémie du Covid-19, a pris de court les gouvernants du monde entier. Chacun s’est adapté selon ses convictions/ses sensibilités dans la gestion de la crise. Cette crise a impacté profondément notre société, dans notre façon de vivre, de consommer, de travailler et surtout d’appréhender l’avenir. Elle a également changé ou du moins influencé nos préoccupations, notamment en matière sociale et environnementale.
Les entreprises n’ont pas échappé à ce chamboulement. Elles n’ont pas été préparées à faire face à cette crise. Certaines ont réduit au minimum leurs activités et d’autres se sont tout simplement mises à l’arrêt.
Le déconfinement a donc apporté son lot de soulagement mais surtout d’inquiétudes et d’incertitudes : Comment rebondir ? Comment relancer ses activités ? Comment préserver sa trésorerie, après que les mesures d’accompagnement de l’Etat seront arrêtées ou réduites ? Quel coût pour les nouvelles obligations liées aux nouvelles mesures sanitaires ? Autant de questionnements qui vont conditionner la reprise de l’activité.
Quels enseignements peut-on tirer de cet événement ?
Cette pandémie a mis en évidence les forces et les faiblesses d’une société : typologie de la clientèle, trésorerie tendue, dépendance vis à vis de fournisseurs clés, organisation du travail …
Ce redémarrage sera l’occasion de modifier en profondeur son organisation, ou encore d’identifier de nouvelles opportunités … dans tous les cas, une occasion de se démarquer, de faire la différence.
Les sociétés qui vont s’en sortir seront celles qui sauront prendre le virage de cette mutation.
Les dirigeants vont être confrontés à l’évolution de la situation de leurs différents interlocuteurs.
La clientèle
Pour les Business B to C, est-ce que les clients vont changer leur façon de consommer ? Cela pourrait être un plus, car on peut gagner de nouvelles parts de marché, mais l’inverse étant une possibilité à envisager également. Pour les Business en B to B, quelle est la situation financière de mes clients et notamment pour mon Top 5 ou Top 10 ? Cette dépendance présente un risque élevé de faillite en cascade. Ce qui influence la stratégie commerciale d’une organisation (diversification du portefeuille, renforcement du process d’ouverture de comptes etc).
Les fournisseurs
Comme le portefeuille client, l’analyse de la situation financière des fournisseurs est primordiale, ainsi que la connaissance de leurs (nouvelles) contraintes. Peuvent-ils honorer leurs engagements ? Dans quelles conditions ? Si non, la société dispose-t-elle d’une autre alternative ? Et quels coûts ? Dans quel délai ? Répondent-ils aux nouvelles normes sanitaires, environnementales ? Il semble être important de définir les attentes des consommateurs qui s’imposent à la société demain. Cette crise a mise en évidence les limites de la délocalisation qui a bloqué la chaîne de distribution. On a constaté par exemple que les fournisseurs étrangers n’ont pas eu de scrupules à approvisionner les plus offrants. Sans tomber dans le nationalisme, il y a peut-être une conscience citoyenne à avoir désormais (utiliser les fournisseurs locaux, qui respectent des normes attendues). Le critère de prix reste un enjeu stratégique que l’on ne peut pas ignorer. Mais il s’agit de mettre dans la balance le surcoût de la consommation locale, la qualité du produit/service et la réduction des risques. Il y a un équilibre à trouver quelque part entre ces nouvelles donnes.
Les collaborateurs
Cette pandémie a mis en exergue les besoins/attentes des collaborateurs sur le plan social, économique et environnemental. La société doit tout mettre en œuvre pour répondre aux préoccupations de ses collaborateurs. Il s’agit tout d’abord de les protéger, mais aussi démontrer sa capacité d’écoute, sa capacité d’adaptation dans des situations extrêmes et inédites.
Le recours au télétravail en est un parfait exemple. Les sociétés ont découvert les avantages de ce mode de travail. Il a permis de maintenir certaines activités tout en préservant la santé des collaborateurs. Il était déjà plébiscité par les collaborateurs avant la pandémie (65% des salariés), car il allie la vie personnelle et la vie professionnelle. Des réticences peuvent toujours subsister quant à la mise en place du télétravail (contrôle du travail, sécurité des données, fournitures de matériels …). Mais ce mode de travail prendra une place de plus en plus importante, dans la suite logique de la dématérialisation accrue des documents, de l’évolution technologique qui permet des accès à distance de la majorité des données. Il faut donc l’accepter et le développer, et l’adapter à son environnement.
Les partenaires
D’abord le partenaire financier, la trésorerie est la clé primordiale pour surmonter cette période ; les banques sont donc très sollicitées. La bonne constitution du dossier facilite la prise de décision de ces partenaires. Lors de cette crise, l’état français a donné un coup de pouce en facilitant l’accès au PGE (Prêt Garanti par l’Etat). Néanmoins, les banques ne vont pas se précipiter pour octroyer un prêt à toutes les sociétés. Elles maintiennent leur process assez strict, pour décider ou pas d’accorder un prêt. Cela veut dire que, si avant le confinement, vos ratios/indicateurs ne permettaient pas d’obtenir un prêt, la situation de crise ne changera pas la donne. Enfin, ne pas oublier non plus que le PGE est garanti sur un an. Quid dans un an ?
D’autres partenaires financiers peuvent être sollicités, les actionnaires ou des fonds d’investissements. Les actionnaires d’abord, car s’ils en ont les moyens, en soutenant la société, ils renforcent la solidité financière ainsi que l’image que l’on a de celle-ci. Enfin, des fonds d’investissements, sont également une des possibilités de financement. Cette option est liée principalement à l’attractivité de la société.
Les administrations fiscales et les organismes sociaux
Ils jouent également un rôle important dans la gestion de cette crise. L’exécutif doit jongler entre l’accompagnement des sociétés, donc le soutien de l’économie, la maîtrise du déficit budgétaire et l’opinion publique. Ce qui explique les différentes annonces d’aides données au fil de l’eau, et dont les règles ne sont pas toujours clairement établies/étayées ou encore sont modifiées par la suite. Les sociétés par moment, ne s’y retrouvent plus et peuvent, soit passer à côté d’une aide précieuse, soit mal interpréter/appliquer les règles et risquent des redressements fiscaux postérieurement. Par exemple, les possibilités de reports de paiement des impôts concernent uniquement les impôts directs, tels que les impôts sur les sociétés. A l’inverse les impôts indirects tes que la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) et le prélèvement à la source (PAS), doivent continuer à être payés à leur date d’échéance habituelle. Beaucoup de sociétés ont bloqué directement le paiement de la TVA. Le réveil risque d’être douloureux.
L’enjeu : Comment transformer cette crise en « opportunités » ?
Comme évoqué ci-dessus, la clé de la réussite sera dans l’agilité d’une société. Seules, celles qui feront preuve de capacité d’adaptation, qui auront réussi à bien définir les nouvelles attentes de leurs parties prenantes (clients, fournisseurs, partenaires, collaborateurs …), et à s’appuyer sur leurs forces, retrouveront le cercle vertueux de la croissance.
